Duel du jour · 3 novembre 2026 · Pouvoir d’achat
Pour augmenter les bas salaires, relever les revenus minimums ou baisser les cotisations ?
Le gouvernement envisage un coup de pouce au SMIC au-delà de la formule automatique, ce qui serait le premier depuis 2012. Une intersyndicale appelle à la grève et à manifester le jeudi 5 novembre, notamment pour les salaires et le SMIC. Faut-il relever les revenus minimums, ou baisser les cotisations sociales ?
Les deux propositions, sans leur nom
- Baisser de 120 milliards d'euros les cotisations sociales.
- Garantir qu'aucun revenu ne soit inférieur à 2 000 euros nets par mois.
Ce qui fait l'actualité
Selon Public Sénat, l'inflation atteint 3,4 % sur un an en octobre, d'après les données provisoires de l'Insee, qui prévoit un recul du pouvoir d'achat de 0,4 % cette année, après une baisse comparable l'an dernier. Le SMIC concerne environ 2,1 millions de salariés, hors fonction publique et agriculture.
La formule automatique relèverait le SMIC de 1 % au 1er janvier, soit environ 15 euros nets par mois. Selon Les Échos, cités par Public Sénat, le gouvernement envisage 0,5 ou 0,6 point de plus, pour un gain total d'environ 22 euros nets au plus pour un temps plein. Ce serait le premier coup de pouce depuis 2012. Le ministre du Travail affirme que « rien » n'est décidé ; il déclare : « Le Smic n'est pas tabou », et parle d'un « chemin de crête » entre salaires et protection de l'emploi. La porte-parole du gouvernement garde l'option « ouverte » et cite la compétitivité et les finances publiques. Des organisations patronales jugent ce coup de pouce « très risqué » ou « intenable ».
Une intersyndicale, rejointe par toutes les confédérations, appelle à la grève et à manifester le jeudi 5 novembre, avec des organisations lycéennes et étudiantes, selon Public Sénat. Les revendications portent notamment sur la hausse des salaires, des pensions, du point d'indice, du SMIC et des prestations sociales. L'éducation, la santé, la SNCF, les transports urbains et l'aérien seront touchés. Reçus à Matignon une dizaine de jours plus tôt, les syndicats n'ont obtenu aucune mesure concrète.
La question posée
Au Sénat, la piste d'un coup de pouce divise, selon Public Sénat : certains sénateurs la jugent insuffisante, d'autres proposent plutôt de baisser les cotisations sur les salaires ou d'agir sur le temps de travail.
Deux leviers sont ainsi évoqués pour les bas salaires. La question est la suivante : faut-il relever le niveau minimum des revenus, ou baisser les cotisations sociales ?
Deux réponses
La proposition A consiste à baisser de 120 milliards d'euros les cotisations sociales. Le gain de pouvoir d'achat viendrait dès la première année ; la baisse des cotisations représenterait presque 400 euros de salaire net.
La proposition B consiste à garantir qu'aucun revenu ne soit inférieur à 2 000 euros nets par mois. Les salaires devraient suivre au moins l'inflation ; ce sont les travailleurs qui font tourner la société.
Ce qu'il faut savoir pour trancher
Sur le niveau du SMIC : depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire brut est de 12,31 euros, soit 1 867,02 euros bruts par mois pour 35 heures, et un montant net mensuel indicatif de 1 477,93 euros, selon Selectra qui cite service-public. Cette hausse de juin découle du mécanisme automatique déclenché quand l'indice des prix des ménages modestes progresse d'au moins 2 %. Le groupe d'experts rend d'ordinaire son rapport fin novembre, et le décret paraît en général à la mi-décembre.
Sur le niveau des revenus : la formule automatique donnerait environ 15 euros nets par mois au 1er janvier, et le coup de pouce envisagé un gain total d'environ 22 euros nets au plus pour un temps plein. Les syndicats demandent 100 euros nets par mois pour l'un, 150 euros pour l'autre. La proposition B fixe un plancher de 2 000 euros nets par mois pour tous les revenus, et pas seulement pour les salaires.
Sur les cotisations : lors de la revalorisation de juin 2026, le gouvernement a gelé le barème de la réduction générale des cotisations patronales, pour une économie d'environ 2 milliards d'euros, et ce gel est reconduit, selon Public Sénat. La proposition A agit sur les cotisations sociales de l'ensemble des actifs, et pas seulement au niveau du SMIC.
Les deux propositions ne répondent donc pas au même niveau. La proposition A porte sur les cotisations sociales. La proposition B porte sur le montant minimum de tout revenu.
Sources de l’actualité
- Coup de pouce du Smic : la piste d'une revalorisation supérieure à la formule légale divise au Sénat, Public Sénat, 2 novembre 2026
- « 5 novembre du peuple » : À quoi s'attendre pour ce jour de grève et de mobilisation ?, Public Sénat, 3 novembre 2026
- Smic : la hausse de janvier 2027 est déjà en partie acquise, voici combien vous toucheriez en plus, Selectra, 1er octobre 2026