Duel du jour · 31 octobre 2026 · Pouvoir d’achat
Pour augmenter les salaires, relever le SMIC ou baisser les cotisations sociales ?
Samedi 31 octobre, environ 150 rassemblements contre la vie chère sont prévus en France. Le ministre du Travail affirme que « rien n'est décidé » sur une revalorisation du SMIC. Pour augmenter les salaires, faut-il relever le salaire minimum, ou baisser les cotisations sociales ?
Les deux propositions, sans leur nom
- Porter le SMIC à 1 700 euros nets par mois.
- Baisser les cotisations sociales pour qu'un salarié au salaire médian gagne 250 euros nets de plus par mois.
Ce qui fait l'actualité
Samedi 31 octobre 2026, une journée de manifestations « contre la vie chère et pour l'amélioration des conditions d'étude des lycéens » a lieu en France, à l'appel de syndicats lycéens et étudiants, de confédérations syndicales et des gilets jaunes, selon Reuters. Le ministère de l'Intérieur prévoit environ 150 rassemblements et mobilise 70 000 policiers et gendarmes. Le 24 octobre, il avait compté 410 000 manifestants en France, dont 110 000 à Paris. À Paris, le Conseil d'État a retenu un parcours de la porte de Bagnolet à la porte de Charenton.
Les organisateurs parlent d'un « acte III » contre la vie chère, et le site de la coordination des gilets jaunes recense environ 250 manifestations, selon Public Sénat. Les organisations lycéennes et étudiantes jugent « insuffisantes » les annonces du gouvernement : remplacement de Parcoursup, 15 000 places supplémentaires dans le supérieur, 28 élèves au plus par classe de seconde.
La question posée
Sur les salaires, le ministre du Travail a déclaré sur France Inter que « rien n'est décidé » au sujet d'une revalorisation du SMIC, selon Public Sénat. Le gouvernement n'exclut pas un coup de pouce de 0,5 % dès décembre, quand les syndicats réclament 100 à 150 euros.
Selon le même article, plusieurs candidats proposent de relever le SMIC, à 1 700 euros nets ou à 2 000 euros bruts ; d'autres proposent de réduire les cotisations ou d'exonérer les heures supplémentaires. La question porte sur le levier : fixer un salaire minimum plus élevé, ou réduire les cotisations sociales prélevées entre le salaire brut et le salaire net.
Deux réponses
La proposition A consiste à porter le SMIC, le salaire minimum, à 1 700 euros nets par mois. Les salariés des métiers les plus pénibles resteraient mal reconnus et mal payés ; les travailleurs essentiels auraient tenu le pays debout sans réelle amélioration de leurs conditions de vie.
La proposition B consiste à baisser les cotisations sociales pour qu'un salarié au salaire médian gagne 250 euros nets de plus par mois. L'écart entre le salaire net et le salaire brut serait trop important ; les dépenses sociales ne pourraient plus reposer autant sur ceux qui travaillent.
Ce qu'il faut savoir pour trancher
Le SMIC a été revalorisé de 2,41 % au 1er juin 2026 : il est passé de 12,02 à 12,31 euros bruts de l'heure, soit de 1 823,03 à 1 867,02 euros bruts par mois pour 35 heures par semaine, selon les Éditions Tissot. Il est indexé sur l'inflation et revalorisé automatiquement le 1er janvier, selon Public Sénat. Le Code du travail (article L. 3231-5) prévoit aussi une revalorisation automatique quand les prix à la consommation progressent d'au moins 2 % depuis la dernière revalorisation.
Le coup de pouce de 0,5 % que le gouvernement n'exclut pas dès décembre représenterait environ 22 euros par mois, selon Public Sénat. Les syndicats réclament 100 à 150 euros.
Les deux propositions n'agissent pas sur le même levier. La proposition A fixe un montant du salaire minimum, exprimé en net. La proposition B agit sur l'écart entre le salaire brut et le salaire net, par les cotisations sociales, et chiffre son effet pour un salarié au salaire médian.
Qui les porte
La proposition A est portée par François Ruffin (Debout !, candidature hors primaire). Source : article d'Orange Actualités (6medias) du 26 avril 2026 sur le lancement de sa campagne.
La proposition B est portée par Gabriel Attal (Renaissance). Sources : dépêche AFP du 23 juillet 2026, reprise par La Gazette France, et article de Public Sénat du 30 octobre 2026.
- François Ruffin (Debout !) : Présidentielle 2027 : François Ruffin lance sa campagne en se posant en défenseur des "travailleurs essentiels", 26 avril 2026
- Gabriel Attal (Renaissance) : Présidentielle : en visite en Bretagne, Attal appelle à un "choc des salaires", 23 juillet 2026
Sources de l’actualité
- La France se prépare à une manifestation "à risque très élevé", le gouvernement promet la fermeté, Reuters (repris par Boursorama), 31 octobre 2026
- Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s'attendre ?, Public Sénat, 30 octobre 2026
- Présidentielle : que proposent les candidats pour augmenter les salaires ?, Public Sénat, 30 octobre 2026