Duel du jour · 30 octobre 2026 · Éducation
Avenir de Parcoursup : l'abroger, ou le remplacer par une admission au mérite ?
Mercredi, l'Assemblée nationale a débattu sans vote de l'avenir de Parcoursup, que le gouvernement prévoit de remplacer en 2028, après un mois de mobilisation lycéenne et étudiante. Le Sénat en débattra mardi 3 novembre. Faut-il abroger la plateforme, ou la remplacer par une admission fondée sur le mérite ?
Les deux propositions, sans leur nom
- Abroger Parcoursup et engager un plan de 10 milliards d'euros pour les conditions d'études.
- Remplacer Parcoursup par une plateforme d'admission fondée uniquement sur le mérite, avec une sélection à l'entrée de l'université.
Ce qui fait l'actualité
Mercredi 28 octobre 2026, l'Assemblée nationale a tenu un débat sans vote sur l'avenir de Parcoursup, à la demande du Premier ministre, après un mois de mobilisation lycéenne et étudiante, selon l'AFP. Lundi, le gouvernement avait annoncé une « évolution forte » de la plateforme avant son remplacement, prévu en 2028 par une nouvelle plateforme d'orientation après le bac, ainsi que 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur. Le Premier ministre attend des « propositions et engagements précis » et demande aux députés de trouver un chemin parlementaire pour le système qui suivra Parcoursup.
Pendant le débat, des députés ont réclamé 250 000 places supplémentaires et un retour à des épreuves terminales au bac, un plan d'au moins 150 000 places, un droit d'accès au premier cycle pour tout bachelier avec une priorité dans son académie, ou encore 10 milliards d'euros d'investissements supplémentaires dans l'éducation et le supérieur. Plusieurs élus ont jugé les 15 000 places annoncées très insuffisantes, selon Aleteia. D'autres députés veulent faire des prérequis de véritables conditions d'admission à l'université, donner plus de poids au bac, mettre fin au contrôle continu et réduire le nombre de formations proposées, environ 25 000 lors de la dernière campagne. Le Sénat doit débattre à son tour le mardi 3 novembre, selon Public Sénat.
La question posée
La question porte sur la manière dont les bacheliers entrent dans l'enseignement supérieur : supprimer la plateforme actuelle, ou la remplacer par un système qui sélectionne les candidats à l'entrée de l'université.
Le ministre de l'Enseignement supérieur a lui-même posé la question au Parlement : faut-il plus ou moins de sélection, un supérieur plus professionnalisant ou plus académique ? Selon Public Sénat, il reconnaît que la sélection est un sujet tabou, mais estime qu'il faut la poser. Pour lui, le Parlement doit aider à définir les principes du système qui suivra Parcoursup.
Deux réponses
La proposition A consiste à abroger Parcoursup, la plateforme d'admission dans l'enseignement supérieur, et à engager un plan de 10 milliards d'euros pour les conditions d'études. Parcoursup serait une loterie qui refuse aux jeunes le droit de s'accomplir ; son abrogation figurerait au premier rang des revendications des jeunes mobilisés.
La proposition B consiste à remplacer Parcoursup par une plateforme d'admission fondée uniquement sur le mérite, avec une sélection à l'entrée de l'université. La sélection existerait déjà à l'université, mais cachée ; environ un bachelier sur deux entré à l'université n'aurait pas de diplôme universitaire cinq ans après.
Ce qu'il faut savoir pour trancher
Parcoursup est inscrit dans la loi du 8 mars 2018, relative à l'orientation et à la réussite des étudiants : les changements possibles sans loi sont limités, selon Public Sénat. Le ministre de l'Enseignement supérieur l'a résumé ainsi : « Si on veut aller plus loin, on doit bouger la loi ».
La proposition A abroge la plateforme et y ajoute un plan de financement de 10 milliards d'euros pour les conditions d'études. Pendant le débat, des députés ont réclamé un montant identique d'investissements supplémentaires dans l'éducation et le supérieur, ainsi qu'un droit d'accès au premier cycle pour tout bachelier. Un député a relevé que le nombre de candidats a augmenté sans que l'accueil suive, selon Aleteia.
La proposition B remplace la plateforme et assume une sélection au mérite à l'entrée de l'université. Pendant le débat, d'autres députés ont proposé de faire des prérequis de véritables conditions d'admission et de donner plus de poids au bac. Selon l'AFP, un député a fait valoir qu'une sélection supprimée à l'entrée reviendrait plus tard, par l'échec en première année.
Qui les porte
La proposition A est portée par Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise). Source : entretien publié par Mediapart le 23 octobre 2026, reproduit sur melenchon.fr.
La proposition B est portée par Bruno Retailleau (Les Républicains). Source : article de Public Sénat du 14 octobre 2026, « Crise lycéenne : Bruno Retailleau veut « une sélection à l'université » ».
- Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) : « Le pouvoir n'aura qu'un seul choix, accepter les revendications ou s'en aller » Entretien avec Mediapart, 23 octobre 2026
- Bruno Retailleau (Les Républicains) : Crise lycéenne : Bruno Retailleau veut « une sélection à l'université », 14 octobre 2026
Sources de l’actualité
- Remplacement de Parcoursup: la gauche veut plus de places dans le supérieur, la droite assume la sélection, AFP (repris par Boursorama), 28 octobre 2026
- Remplacement de Parcoursup : que retenir du débat sans vote à l'assemblée ?, Aleteia, 29 octobre 2026
- Avenir de Parcoursup : le ministre Philippe Baptiste annonce un débat au Sénat « la semaine prochaine », Public Sénat, 28 octobre 2026