Aller au contenu
Duel 2027

Duel du jour · 29 octobre 2026 · Pouvoir d’achat

Bénéfice record pour TotalEnergies : contraindre les pétroliers ou baisser les taxes ?

Jeudi, TotalEnergies a annoncé un bénéfice trimestriel record, porté par des marges de raffinage historiquement hautes. À l'Assemblée, des députés réclament un blocage des prix des carburants, d'autres une baisse de la TVA. Contraindre les compagnies pétrolières sur leurs prix, ou baisser les taxes de l'État ?

Les deux propositions, sans leur nom

  1. Baisser de 50 centimes par litre les taxes sur les carburants.
  2. Obliger le groupe TotalEnergies à vendre son carburant à prix coûtant.

Faire le duel du jour

Ce qui fait l'actualité

Jeudi 29 octobre 2026, TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 8,3 milliards de dollars au troisième trimestre, soit environ 7,45 milliards d'euros, contre 3,7 milliards de dollars un an plus tôt, selon 20 Minutes et Vert. Selon LCP, le groupe attribue ce résultat record à des prix élevés, à des marges de raffinage historiquement hautes et à un marché du gaz haussier. Sa branche raffinage-chimie a dégagé un résultat de 3,5 milliards de dollars, contre 687 millions un an plus tôt, selon 20 Minutes. Shell a de son côté publié un bénéfice net en hausse de 126,6 %, à 12,1 milliards de dollars.

Selon Vert, le marché du gazole est tendu à cause de la guerre au Moyen-Orient, et TotalEnergies plafonne le gazole à 2,5 euros le litre dans ses stations-service. Mercredi 28 octobre, les députés ont rejeté des amendements au budget 2027 qui auraient taxé les bénéfices tirés des énergies fossiles ; des associations ont manifesté devant l'Assemblée nationale pour réclamer une taxe sur ces bénéfices.

Selon LCP, des députés d'un groupe d'opposition réclament que le gouvernement « bloque les prix » des carburants, et une députée du même groupe demande de taxer les « superprofits ». Des députés d'un autre groupe d'opposition promettent une baisse de la TVA sur les carburants de 20 % à 5,5 %. Sur BFMTV, la porte-parole du gouvernement a déclaré : « On demande à Total d'être exemplaire, de répercuter à la baisse l'avantage de la libération des barils ». Elle demande au groupe de « poursuivre le plafonnement [des prix] autant que nécessaire ».

La question posée

Pour faire baisser les prix à la pompe, deux leviers reviennent dans le débat : contraindre les compagnies pétrolières sur les prix qu'elles pratiquent, ou baisser les taxes que l'État prélève sur les carburants.

Côté compagnies, le bénéfice net de TotalEnergies a plus que doublé en un an et celui de Shell a progressé de 126,6 %. Côté taxes, des députés proposent de ramener la TVA sur les carburants de 20 % à 5,5 %.

Deux réponses

La proposition A consiste à baisser de 50 centimes par litre les taxes sur les carburants. Cette baisse relancerait la croissance ; la moitié du gazole consommé en France serait raffinée à l'étranger, ce qui expliquerait l'envolée des prix à la pompe.

La proposition B consiste à obliger le groupe TotalEnergies à vendre son carburant à prix coûtant, c'est-à-dire sans marge bénéficiaire. Les compagnies pétrolières vendraient en ce moment le carburant à un prix très élevé ; les guerres et la crise pétrolière qu'elles provoquent leur profiteraient.

Ce qu'il faut savoir pour trancher

La proposition B porte sur la marge d'une entreprise. La branche raffinage-chimie de TotalEnergies a dégagé 3,5 milliards de dollars au troisième trimestre, contre 687 millions un an plus tôt, et le groupe met en avant des marges de raffinage historiquement hautes. Il plafonne déjà le gazole à 2,5 euros le litre dans ses stations-service, selon Vert, et le gouvernement lui demande de poursuivre ce plafonnement. La proposition B vise ce seul groupe, et non l'ensemble des compagnies pétrolières.

La proposition A porte sur la part du prix qui revient à l'État. Pendant les débats budgétaires, le ministre de l'Économie a reconnu que les prix de l'essence sont plus élevés en France qu'ailleurs parce que la France taxe davantage, selon LCP ; il a dit : « ce n'est pas une taxe qui m'empêche de dormir ». Des députés proposent, de leur côté, de ramener la TVA sur les carburants de 20 % à 5,5 %. La proposition A vise l'ensemble des taxes sur les carburants.

Qui les porte

La proposition A est portée par Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France). Source : discours de rentrée « Libérons la France ! », publié sur dupontaignan.fr le 19 septembre 2026.

La proposition B est portée par Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière). Source : discours du meeting du 26 septembre 2026, publié sur lutte-ouvriere.org le 29 septembre 2026.

Sources de l’actualité